Un spectre hante le pouvoir sarkozyste : celui d’un mouvement de chômeurs.
Entendons nous bien : un mouvement de chômeurs, c’est un mouvement de mauvais chômeurs. Le « bon » chômeur n’est plus un « chômeur », c’est un demandeur d’emploi (D.E.), « public-cible » du Pôle du même nom. Il ne tient pas à se faire remarquer, hormis, bien sûr, par un employeur. Le « demandeur d’emploi » se construit à l’envers de l’image repoussoir du mauvais chômeur, ce glandeur qui mène une vie de pacha avec ses 454 euros par mois, et qui ne se sent pas redevable à la société qui lui concède, d’ailleurs temporairement et sous conditions, le droit de survivre, là où les loyers sont encore accesssibles. Le « demandeur d’emploi » modèle travaille donc, sans cesse : il refait cent fois son CV, il envoie des milliers de lettres de motivation, il « enquête » pour mieux « cibler » les « gisements d’emplois », il accepte de bonne grâce les ateliers CV, les simulations d’entretien, les bilans de compétences, les stages gratuits, les Evaluations en Milieu de Travail (70 h de travail bénévole), il en redemande. Il apprend grâce aux ateliers de « coaching » qu’un ami est un partenaire, que rencontrer quelqu’un se dit tisser un réseau, qu’un savoir-faire est une compétence, et que ce qui fait la dignité d’un être c’est la valeur et le potentiel d’expansion de son capital-compétences. Bref, il travaille à son employabilité ; il travaille à devenir l’employé idéal, l’exploité qui n’a pas d’autre exploiteur que lui-même, et se charge de remettre au pas l’indolent, le récalcitrant, le chômeur qui sommeille en lui. Un employé idéal, c’est à dire un auto-entrepreneur, un homme économique intégral.
Article extrait du blog montpellier-journal et signé Jacques-Olivier Teyssier lien : http://www.montpellier-journal.fr/2009/04/desobeissants-une-directrice-decole-sanctionnee.html
Un blâme vient d’être prononcé à l’encontre d’Isabelle Huchard malgré le “geste d’apaisement” de l’inspecteur d’académie, il y a quelques semaines. L’enseignante refuse toujours de remplir le logiciel “Base-élèves”, n’a pas transmis les évaluations CM2 et Paul-Jacques Guiot considère qu’elle a manqué à son “devoir de discrétion”. C’est d’ailleurs ce dernier point qui semble surtout poser problème. Ce qui n’empêche pas l’institutrice de persister. “En conscience”.
Compte-rendu de la septième journée des Chtis Sans Papiers.
Vendredi 25 avril 2008
HENIN BEAUMONT – LENS
Ce septième jour fut marqué par la présence policière sur le parcours. Ainsi après leur départ les marcheurs ont d’abord été stoppés par les forces de l’ordre à hauteur de Billy-Montigny. Finalement, après discussion la marche fut encadrée par deux véhicules de police jusqu’à destination, après intervention du maire de Billy, qui témoigna de son soutien aux marcheurs.
A Lens, les Sans Papiers ont été accueillis en mairie par un adjoint au maire, lieu qui permit l’éclosion d’un débat avec les associations locales (LDH, CGT, MRAP…). Ils sont ensuite partis en cortège dans la ville aux cris des slogans que nous connaissons tous.
Ce soir ils ont dîné dans un restaurant oriental et logeront en hôtel, invités par la municipalité de Lens.
La marche continue Camarades…
Compte-rendu de la sixième journée des Chtis Sans Papiers.
Jeudi 24 avril 2008
DOUAI – HENIN BEAUMONT
Cette sixième journée fut encore une fois marquée par l’accueil chaleureux fait aux Chtis Marcheurs et par la mobilisation de soutiens présents à leurs cotés (environ une trentaine).
Ce matin ils ont quitté l’UL CGT dans un bus affrété par les camarades de ce syndicat direction l’usine Renault. Sur place les syndicalistes de l’usine leurs ont offert le petit déjeuner. Un moment de détente et d’échange car chacun était curieux de connaître et de comprendre l’autre. Grâce aux camarades de Renault Douai tous les sans papiers ont eu une copie d’article de la presse évoquant leur périple. Les vaillants marcheurs ont ensuite rejoint Hénin-Beaumont. Cette étape dans le Pas de Calais fut l’occasion de constater que la solidarité garde son sens même dans cette ville tristement connue comme « le fief » de Marine Le Pen.